Les plus beaux temples de Maurice
On lit souvent que Maurice est un petit paradis pour ses plages sublimes, mais c’est aussi une terre de métissage, un carrefour de cultures, une terre d'histoire, et cela se ressent notamment dans les temples. Leur architecture raconte la foi, les origines multiples, les croyances qui rythment le quotidien et le calendrier mauricien.
Ganga Talao
Depuis Chamarel, vous traversez le Parc national des gorges de Rivière Noire avant de redescendre vers un lac entouré de forêt. Son nom, Ganga Talao, en dit long et pour cause : il est considéré comme le plus sacré de l’île. Ancien cratère volcanique perché à 550 m d’altitude, il est devenu un haut lieu du pèlerinage hindou et un passage incontournable dans la région, y compris pour ceux qui ne sont pas croyants.
La configuration du site vaut aussi le détour. Les temples sont installés tout autour du lac, chacun dédié à une figure différente ; Shiva, bien sûr, le plus vénéré, mais aussi Ganesh, le dieu à tête d’éléphant, Hanuman, le dieu singe, Durga, la déesse guerrière, ou encore Ganga, la rivière sacrée personnifiée… À l’entrée, vous ne pourrez pas rater l’immense statue de Shiva, haute de 33 m, trident en main, réplique de celle du lac Sursagar, en Inde.
Malgré sa popularité, c’est un endroit qui reste calme, sauf pendant la Maha Shivaratree, l’un des événements les plus importants du calendrier tamoul (mais aussi de toute l’île) ; c’est très fréquenté, avec des milliers de pèlerins qui y convergent, souvent pieds nus.
C’est unique, et l’un des plus grands rassemblements hindous en dehors de l’Inde (jusqu’à 500 000 pèlerins pour une île d’environ 1,2 million d’habitants, soit une augmentation de près de... 40 % de la population !). Ce n’est pas un site touristique au sens classique du terme, mais un lieu incontournable de la vie mauricienne.
Maheswarnath Mandir
Impossible de le manquer dans le nord de l’île : le Maheswarnath Mandir, ce grand temple hindou construit en 1888, avec ses magnifiques dômes blancs, ses touches de rouge vif et ses colonnes. C’est l’un des plus anciens de Maurice, et aussi l’un des plus importants. Consacré lui aussi à Shiva, il accueille d’autres figures majeures comme Ganesh, Durga ou Hanuman. Comme souvent, plusieurs divinités cohabitent dans un même lieu.
L’architecture est un mélange de différentes influences venues d’Inde, avec un plan traditionnel en croix, qu’on appelle panchayatna : un sanctuaire central entouré de quatre plus petits, chacun dédié à une autre divinité. Certains détails rappellent aussi les temples de l’est de l’Inde, notamment à Orissa, avec leurs formes beaucoup plus sculptées et travaillées. C’est par ailleurs un lieu fort dans l’histoire religieuse de l’île : c’est depuis ce temple qu’est partie, en 1898, la première procession vers Grand Bassin pour la Maha Shivaratree, qu’on a évoquée plus haut.
Côté pratique, le temple se trouve tout proche de Trou aux Biches. Vous pouvez facilement combiner la visite avec un moment à la plage ou une balade en ville. Et si le temps est couvert, pourquoi ne pas en profiter pour faire une demi-journée plus culturelle, du côté du jardin botanique de Pamplemousses, à 15 minutes en voiture.
Sagar Shiv Mandir
En chemin vers la côte est, vous bifurquez vers Goyave de Chine. Une digue en béton relie le petit îlot sur lequel est posé le Sagar Shiv Mandir, un joli temple tout blanc que vous atteignez après quelques marches, où les drapeaux rouges flottent dans l’air. On ne les trouve qu’à Maurice, ces temples immaculés posés sur l’eau... Bien que relativement récent (une quinzaine d’années), il semble déjà bien ancré dans le paysage culturel de l’île.
Vous y croisez surtout des gens du coin, venus prier, déposer une fleur, ou s’asseoir quelques minutes. Quelques touristes aussi, mais c’est loin d’être l’endroit le plus populaire, sûrement à cause de son aspect plus sobre. C’est souvent calme, mais le mieux est encore d’y aller au lever du jour ou en fin d’après-midi. C’est un point de contact entre le ciel et l’eau, qui offre de beaux points de vue sur la mer, ce qui donne une ambiance vraiment particulière à cette presqu'île déjà paisible.
Pour y accéder, il est possible de se garer juste devant, pratique avec des enfants. À quelques kilomètres, vous pouvez aussi aller voir les chutes de Tamarin, ou découvrir un autre temple impressionnant, dans un style très différent, presque à l’opposé : le Hari Hara Devasthanam, coloré et massif, comparé à celui-ci qui semble plutôt sur la retenue.
Hari Hara Devasthanam
Tout près du Sagar Shiv Mandir, en voici un autre qui en impose, tant dans les couleurs que dans les formes : le temple de Hari Hara Devasthanam. Ce qui fait sa singularité et sa renommée, c’est surtout sa grande statue de Venkateswara. Il est dédié à Hari (Vishnu) et Hara (Shiva), une combinaison assez rare à Maurice, et ça se ressent dans l’organisation du lieu, où il fait bon se balader pour admirer les différents bâtiments, les détails des façades, les couleurs, les volumes... Il joue la carte de la monumentalité, sans perdre le lien avec le spirituel.
Les photos, qui en mettent déjà plein la vue, ne lui rendent pas justice. Si le temps vous le permet, on vous conseille de le visiter en fin d’après-midi, la route est bien goudronnée, vous pouver vous garer juste devant, et la lumière qui tombe sur la façade donne au domaine une atmosphère vraiment particulière, beaucoup plus douce. Une visite qui complète bien celles du Sagar Shiv Mandir, dans un registre très différent.
Amma Tookay Kovil
Si l'on continue dans le registre de la monumentalité et des couleurs, vous ne pouvez passer à côté de l’Amma Tookay Kovil, un temple décidement à part dans le paysage mauricien. Dédié à la déesse Tookay, associée à la protection et très vénérée dans le sud de l’Inde, il est aujourd’hui l’un des sanctuaires tamouls les plus importants de l’île.
Ce qui impressionne avant tout, c’est son gopuram, recouvert de statues peintes de toutes les couleurs qui illustrent les grandes scènes du panthéon hindou.
Chaque année, foule de fidèles y converge pour le Panguni Uthiram pour des processions, y déposer des fleurs, des offrandes... Le temple se trouve tout près de Camp Diable, au milieu des champs de canne et des villages tranquilles, à une vingtaine de minutes de Bois Chéri.
Kaylasson Temple (Sockalingum Meenatchee Ammen Kovil)
Autre gopuram coloré et imposant : dans les hauteurs de Sainte-Croix, au nord de Port-Louis, le Kaylasson Temple fait figure de repère. Et on peut dire qu’il en met plein la vue. Du rose, du jaune, du bleu et du doré, bien sûr, qui brille au soleil, avec une belle allée bordée de palmiers qui mène jusqu’au bâtiment principal. Derrière le portail, on découvre un grand espace, avec des bâtiments blancs à colonnes et, surtout, les tours ornées de statues typiques de l’architecture dravidienne. On reconnaît Shiva, Parvati, Muruga et d’autres divinités du panthéon hindou, magnifiées par toutes ces couleurs...
Il est là depuis le XIXe siècle, construit, comme beaucoup d’autres temples de l’île, grâce aux vagues d’immigration venues d'Inde. C’est l’un des tout premiers temples hindous érigés à Maurice, d’où son importance dans la communauté. Dès que l'on entre, on sent que c’est un lieu qui vit. Il y a du passage, des voix, des cloches, une odeur d’encens qui reste accrochée aux vêtements. L’ambiance est animée, avec forcément plus de visiteurs qu’ailleurs grâce à sa localisation, même si le silence reste maître mot. Même si l’on ne saisit pas tout, on comprend vite que ce lieu compte, pour ceux qui y viennent, pour la ville, et pour l’histoire de l’île...
Sri Prasanna Venkateswara Temple
Difficile de tomber dessus par hasard : sortir de Port Louis, remonter par le nord, longer les champs de canne, passer Montagne Longue, suivre des panneaux un peu effacés… et se demander une ou deux fois si on est toujours sur la bonne route. Et puis, au bout du chemin, on l’aperçoit, ce petit temple du nord-ouest dédié à Vishnou, dans une forme qu’on croise rarement à Maurice.
Il est peu connu des circuits touristiques, hors des sentiers battus, mais c'est justement pour ça que l'on vous en parle ici. À l’entrée, un portail restauré, dans l'enceinte, une statue de Shiva tirée par 4 chevaux... Pas de foule, pas de visite organisée, juste quelques locaux qui passent, déposent une offrande, murmurent une prière… Il faut une voiture pour y aller, ou quelqu’un qui connaît le coin. Mais une fois arrivé, on sent que l’on a mis les pieds dans un lieu à part.
Sri Siva Subramanya Kovil (Kovil Montagne)
À une petite demi-heure de là, vous découvrez l’un des temples tamouls les plus impressionnants de l’île, le Sri Siva Subramanya Kovil, au surnom tout trouvé, le "Kovil Montagne". Le temple est accroché à flanc du Corps de Garde, une montagne qui porte elle aussi bien son nom, puisqu’elle servait autrefois de poste militaire aux Français pour surveiller les esclaves marrons. Aujourd’hui, le lieu est particulièrement paisible, entouré de nature, où le temple se détache joliment du vert de la forêt grâce à ses dominantes jaunes.
Ce qui le distingue vraiment des autres temples de l’île, pourtant tous différents à leur manière, c’est bien sûr son emplacement en balcon sur Quatre-Bornes, mais surtout le panorama qui va avec. Pour atteindre le sanctuaire, vous gravissez les marches qu’empruntent aussi les pèlerins venus rendre hommage à Murugan, divinité de la guerre dans la tradition tamoule (également connue sous les noms de Subramanya, Skanda ou encore Kumara). Une fois en haut, la vue s’ouvre sur toute la région, jusqu’à la mer. Un temple vraiment à part, qui a toute sa place dans cette sélection.
Siva Soopramaniar Kovil
Quatre Bornes, c’est d’abord l’une des plus grandes villes de l’île. On y vient pour son beau marché, ses boutiques, ou comme point de départ vers le Corps de Garde et les sentiers qui mènent aux Sept Cascades. C’est aussi une ville bien placée, pas loin de la côte ouest et de la baie de Tamarin.
Mais Quatre Bornes, c’est aussi son temple tamoul : le Siva Soopramaniar Kovil, dédié lui aussi à Murugan, le fils de Shiva, figure centrale de la tradition. Chaque année, il accueille le Thaipoosam Cavadee, une fête spectaculaire durant laquelle les fidèles portent alors les cavadee, ces grandes structures ornées de fleurs et de plumes... Vous pouvez aussi y passer en fin de journée, après une randonnée ou la plage, pour voir une autre facette de Quatre Bornes, plus spirituelle et authentique.
Temple Hare Kṛṣṇa ISKCON
On le remarque d’abord parce que ce n’est pas un temple comme les autres : pas de gopuram baroque, mais une façade plus épuré, une grande salle claire où trônent Radha et Krishna, couverts de tissus et de guirlandes de fleurs.
Présent à Maurice depuis plusieurs décennies, l’ISKCON s’est implanté à Phoenix, où son temple est devenu un point de ralliement pour la communauté vaishnava. On y célèbre les grandes fêtes comme Janmashtami ou Gaura Purnima. La cuisine du temple sert aussi de delicieux plats végétariens, une manière de contribuer au fonctionnement du domaine. Et puis il y a l’avenir, avec un projet de nouveau temple en cours, plus grand, avec une salle de prière élargie ainsi que des espaces pour accueillir encore plus de monde.
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