L’histoire et l’identité de l’île Maurice
Maurice s’est formée au gré des arrivées et des échanges. Au fil des siècles, installations et échanges ont mêlé des histoires venues d’ailleurs, jusqu’à façonner une société où langues, croyances et habitudes cohabitent. Une identité patiemment construite, multiple et profondément mauricienne.
Une île au carrefour des routes maritimes
Avant ses hôtels magnifiques et ses plages connues du monde entier l’île Maurice n’était qu’un minuscule point sur les cartes. Inhabitée, elle sert d’abord de repère aux marins qui naviguent entre l’Afrique, la péninsule Arabique et l’Asie. Les navigateurs arabes la mentionnent dès le Moyen Âge sous les noms de "Dina Arobi" ou "Dina Margabin", une note dans la marge des portulans bien avant qu’elle n’existe vraiment sur les cartes européennes.
Au début du XVIe siècle, les Portugais commencent à s’y arrêter pour remplir les barriques, bricoler un gréement, chasser un peu… avant de repartir vers Goa et les colonies du Levant, plus riches et plus peuplées. Dans leur géographie de l’océan Indien, Maurice reste une escale de service. Ils la surnomment parfois "Ilha do Cirne", l’île du dodo, sans se douter que cet oiseau deviendrait un jour la star des brochures sur le pays.
La vraie tentative d’installation vient plus tard, quand en 1598 une flotte hollandaise se met à l’abri dans l’une des baies, prend possession de l’île et la rebaptise "Mauritius", en hommage au prince Maurice de Nassau.
Ils y collectent l’ébène, introduisent la canne à sucre mais aussi les cerfs de Java qui peuplent encore aujourd’hui certaines forêts. Mais sur place, la vie est rude. Syclones, maladies, isolement… après quelques décennies à essayer d’en faire une base solide, les Hollandais finissent par renoncer et quitter l’île en 1710.
De l’Isle de France à la domination britannique
Au début du XVIIIe siècle, l’île change de mains et de nom. Les Français la rebaptisent Isle de France et s’installent là où tout se joue, autour de Port-Louis. Le rade devient un abri pour les navires de la Compagnie des Indes, un lieu où l’on charge, décharge, répare, où les nouvelles du monde arrivent.
À partir de ce noyau, l’intérieur commence aussi à changer de visage. Des domaines commencent à prendre forme, la canne gagne du terrain et, avec elle, tout un système qui repose sur une main-d’œuvre esclave venue d’Afrique ou de Madagascar.
En 1810, ce sont les Britanniques qui prennent le contrôle de l’île ; elle devient alors Mauritius, un changement de nom qui n’a pas valeur de chamboulement puisque l’héritage français est bien ancré. On continue de parler français dans la vie courante, le droit inspiré des textes de l’époque précédente reste en vigueur sur de nombreux sujets, et Port-Louis conserve son rôle de centre administratif et commercial.
En 1835, l’esclavage est aboli, mais les grands domaines continuent de tourner : la main-d’œuvre change, les engagés venus d’Inde arrivent, beaucoup restent et finissent par construire leur vie sur place. À la fin du XIXe siècle, Maurice vit sous un drapeau britannique, avec des lois qui doivent beaucoup aux textes français, et une population dont les arbres généalogiques bifurquent rapidement vers plusieurs continents…
1968 : l’indépendance et la naissance de l’île Maurice moderne
Le 12 mars 1968, l’île Maurice devient indépendante après plus de 150 ans sous administration britannique. L’économie repose encore surtout sur le sucre, et la population, jeune et issue d’histoires différentes, ne part pas sur un pied d’égalité. On change alors de statut politique, mais on ne repart pas de zéro : Maurice choisit de rester dans le Commonwealth, de conserver ses institutions et son appareil administratif.
Les premières années, le sucre reste central dans l’économie mais des usines textiles apparaissent, puis les premiers hôtels sur les côtes. Port-Louis se densifie, certains villages se transforment, d’anciens domaines s’ouvrent à d’autres activités. C’est à ce moment-là que se dessine l’île Maurice que l’on connaît aujourd’hui : un État indépendant, encore très marqué par son héritage colonial, mais déjà tourné vers d’autres horizons...
Une mosaïque culturelle unique dans l’océan Indien
L’île Maurice s’est peuplée par étapes, au gré des époques et des besoins des puissances qui la gouvernaient. L’esclavage a fait venir des familles d’Afrique et de Madagascar ; l’engagisme, plus tard, a installé durablement des travailleurs venus d’Inde dans les villages de l’intérieur. À Port-Louis, les commerçants chinois se sont installés autour du port et y ont développé leurs boutiques, tandis que l’influence européenne est restée dans les lois, l’administration et certains noms de lieux.
Aujourd’hui, tout cela se lit facilement dans les quartiers marqués par une communauté, les lieux de culte de diverses religions installés à quelques rues de distance, et une cuisine qui mêle aussi bien cari, briyani, dholl puri, chop suey, mine frit ou rougaille... Sur cette île minuscule, ces histoires venues d’ailleurs se sont croisées et ont fini par composer une identité bien à elle, multiple tout en restant cohérente.
Traditions mauriciennes : une île qui célèbre toutes ses cultures
À Maurice, la liste des jours fériés permet de comprendre l’histoire de l’île. Y figurent aussi bien Divali, l’Eid al-Fitr, le Nouvel An chinois, le Cavadee, Noël ou encore l’Assomption. Ces dates s’appliquent à l’ensemble du pays, quelle que soit l’appartenance religieuse, les écoles ferment, les administrations sont à l’arrêt et de nombreux commerces adaptent leurs horaires.
Chaque fête se déroule dans ses lieux habituels : Divali se célèbre principalement dans les foyers et les quartiers hindous, avec des maisons décorées et des offrandes familiales ; l’Eid marque la fin du ramadan et donne lieu à des prières collectives dans les mosquées ; le Nouvel An chinois se fête dans certains secteurs de Port-Louis, en particulier autour de Chinatown ; le Cavadee, grande fête tamoule, donne lieu à des processions. Toutes s’inscrivent dans l’espace public selon des usages établis de longue date, connus de tous, et constituent aujourd’hui un élément ordinaire de la vie mauricienne, directement issu de l’histoire du peuplement de l’île et de la reconnaissance officielle de ses différentes communautés.
Les lieux qui racontent l’histoire de l’île
Le Morne Brabant, symbole de liberté, les splendides temples hindous qu’on imagine plutôt en Inde qu’au milieu de l’océan, les allées du jardin de Pamplemousses, les ruines du Vieux Grand Port à Mahébourg… Seule l’île Maurice réunit une telle concentration de sites issus de cultures et d’origines différentes, à quelques dizaines de kilomètres les uns des autres.
À Port-Louis, l’Aapravasi Ghat, classé à l’UNESCO, marque l’arrivée de plusieurs centaines de milliers de travailleurs engagés venus d’Inde au XIXe siècle, et un peu plus loin, le Champ de Mars accueille encore les courses hippiques, juste sous le Fort Adélaïde construit par les Britanniques.
Plus au nord, Pamplemousses rappelle l’époque des grandes plantations et des essais botaniques, avec ses plaques vissées au pied des arbres où reviennent les noms de ceux qui ont compté pour l’île. À Grand Bassin (Ganga Talao), des milliers de fidèles montent chaque année vers le lac, considéré comme relié symboliquement au Gange.
En une journée, on peut passer d’un ancien site d’esclavage à un lieu d’engagisme, d’un jardin colonial à un espace sacré… C’est tout Maurice en condensé, une histoire dense, multiple, dans un territoire grand comme un mouchoir de poche au milieu de l'océan...
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